jeudi 30 septembre 2010

Ayriliq

Gecələr fikrindən yata bilmirəm
Bu fikri başımdan ata bilmirəm
Neynəyim ki sənə çata bilmirəm
Ayrılıq, ayrılıq, aman ayrılıq
Hər bir dərddən olar yaman ayrılıq 

Uzundur hicrində qara gecələr
Bimirəm mən gedim hara gecələr
Vurubdur qəlbimə yara gecələr
Ayrılıq, ayrılıq, aman ayrılıq
Hər bir dərddən olar yaman ayrılıq.

- Chanson de Ququş

dimanche 26 septembre 2010

Ερημιά

Η καρδιά μου είναι μια ερημιά. Mon coeur est un désert qui s'enferme dans sa solitude sèche, monotone, traquille, désespérée. Le vent se lève pour être avalé tout de suite par la sécheresse, la monotonie, la tranquillité, et le désespoir. Je ne cherche rien. J'oscille entre deux, ou plusieurs romances.

C'est comme un roman à peine commencé qui, abandonné dans l'oubli, attend toujours la suite.

... et la suite

Il est parti il y a presque trois heures. Je sens toujours le parfum de son corps.

Η τράτα μας η κουρελού...

Ma journée était cette chanson. Elle me faisait rêver ; elle me faisait danser. Mon coeur s'envola vers l'Égée dès qu'il commença à la chanter.

J'ai guère compris les paroles. Ça fait longtemps que je n'ai pas entendu parler le grec. Quand il chantonnait, c'était la poésie.

La mer, et la mer. Et les îlots sur la mer. Ma vie de jadis, mes rêves de jadis.

Et la tiédeur de son corps, la tiédeur de l'émotion. C'était la tiédeur qui m'envahissait, m'enveloppait. Et après, on attendait la blancheur de la nuit, le blanchissement de la nuit, la jouissance.

C'est une drôle de vie, entre Oxford et Paris. C'est toujours lui qui part, pour Paris ou pour Oxford. On s'est croisé comme tout le monde se croise, mais on se perd de vue comme tout le monde se perd de vue. Ça me rappelle le tourbillon de la vie.

On a beau demander pourquoi c'est comme ça. J'ai dit, 'Xudayim şundaq buyruptu.' - 'Mon Dieu a voulu ainsi.' La sagesse de mes terres ancestrales ne prétend pas tout expliquer, mais explique tout toujours. Il m'a dit de demander à mon Dieu d'arrêter de jouer avec notre vie. J'ai ri. Ce n'est pas ça.

Moi aussi je voudrais quelque chose de bien. J'ai failli pleurer quand il était parti pour Londres. Mais on se verra. C'est sûr. Oxford me manque, et Paris se déroule.

انه مكتوب

mercredi 22 septembre 2010

Bukhara

Bukhara, repair that bedimmed smile
Which once danced and revelled on your face,
Here I am, your grandson. My skin redolent of the heat
And sand of the deserts I traversed,
Traits of ancient mystery still crawling
Fearlessly on my boyish lashes and irides.
I've come to contemplate your countenance
To weep, to frolic, to caress the silk on your wrinkled body,
Blessed and enshrouded by the moonlight,
As they always loved to do; and to leave
As they always had to do.

I left my heart in your meandering, dusty alleys
For you to keep, for you to remember.
Your grandson has come back, finally, with a music
Different from what you would have endowed
Vibrating in his larynx.

Would you always remember me, Bukhara?
Would you always, like an indulgent grandmother,
Embrace me with open arms, look at me with loving eyes,
And welcome me with the ancient words on ancient tongues
Which I have shamelessly forgotten?
Would you wipe off my tears, and tell me,
'This is home'?

mardi 21 septembre 2010

Je suis né avec le parfum du désert...

Tiago m'a parlé d'un certain projet de création littéro-dramatique. Sur scène, en monologue, je voudrais bien parler ouïghour. Il s'agira de la liberté, sous forme d'un tourbillon schizophrénique. Si le texte est simple, je le traduirai en ouïghour tout seul.

Je pense à mes frères turcs en Asie centrale. Je pense à leur pays fantomatique. Je pense à la voix entristée de Kurash Sultan.

'Mən ölmidim, ölməymən, yaq ölməymən.'
'Je n'est pas mort, et je ne mourrai point, non, je ne mourrai point.'

Leur cri pour la liberté, étouffé par les Chinois, va vibrer dans mon larynx, et s'éclater de ma bouche. Azadliq. Azadliq!

C'est pour cela qu'à ce jour-là, l'ouïghour sera la langue de la liberté - même si le thème ne sera la liberté, je parlerai en ouïghour, pour que l'Occident entende la vivacité d'un peuple affligé, accablé, mais enhardi, encouragé !

lundi 20 septembre 2010

Le soleil n'apparaît plus

Il y a une qualité infiniment haïssable au prologement du sommeil. Dès que j'ai trouvé un logement et je me suis bien installé, j'ai repris l'habitude de me lever tard. Ainsi toute la belle matinée est-elle gaspillée.

Il ne faut pas accueillir le crépuscule, mais il faut faire ses études avec le soleil martinal.

dimanche 19 septembre 2010

Et ainsi on a (re)commencé...

Paris. C'est une diable de ville qui m'éclate en pleine face, après m'avoir fait rêver pendant de longues années. Me voici, un soupirant qui hume à longs traits l'odeur de son corps.

Ce blog a été créé pour publier les écrits inspirés par cette odeur. J'écrirai dans la langue que Paris me murmure à mon oreille, la langue de Racine, de Voltaire, de Balzac, de Hugo, et de tant d'autres génies littéraires dont les esprits planent sur cette ville.

Pratiquant une polygamie linguistique, j'écris aussi dans d'autres langues, quand il me convient, quand il me faut. J'ai toujours recours à la langue portugaise, fille belle et farouche du latin, ou bien à la langue grecque, qui résonne d'une ancienneté solennelle et héroique, et qui résume l'esprit de ce vieux continent, ou bien à l'anglais, comme il est sur la bouche des érudits de la vieille université d'Oxford à laquelle j'appartiens toujours, ou à l'arabe, au persan, et au turc, le trio linguistique qui donne à mon existence une signification ancestrale et une explication ethnique.

Le titre du blog veut dire 'l'écume des jours' en grec ancien. Les écrits, nullement prétendant représenter la totalité de ma vie parisienne et n'en faisant miroiter qu'un ruissellement d'épisodes, ressemblent à de l'écume. Seule différence : l'écume sur la bière veut se dérober ; moi, je veux que mes écrits parisiens restent, et existent.